03 mai 2008
Spleen
A vivre parmi cette invraisemblable abondance, on se perd. On se préoccupe de bêtises comme la spiritualité, l'équilibre intérieur, la plénitude, les rapports à autrui. On n'imagine pas un instant la chance qu'on a. On n'imagine pas ce que c'est de crever de faim, d'être réduit à l'état de squelette, de rester là bras ballants pendant que quelqu'un qu'on aime, quelqu'un de jeune et qui jusque-là était en bonne santé, s'éteint tout doucement, et que tout au fond de soi, au fond de ses tripes, on se réjouit presque car, au lieu de la bouchée de pain quotidienne, on aura droit à une bouchée et demi.
DANS LES BOIS, H Coben
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